Angola trip report, things to do and see in Angola

 

Angola

Angola a émergé de l'ombre de 500 ans de domination portugaise et d'une guerre civile de 40 ans qui a pris fin en 2002, laissant le pays truffé de millions de mines non explosées (que les éléphants ont appris à détecter et éviter). En outre, le visa n'est pas facile à obtenir et le pays est aussi cher que l'enfer donc c'est vraiment une destination très niche pour les touristes.

Lorsque j'ai visité l'ambassade de l'Angola pour la première fois, il y a avait dans la salle d'attente un grand écran sur lequel étaient diffusés des vidéos de rap Angolais. Lorsqu'une scène a montré un rappeur dans une baignoire avec de deux femmes à moitié nues, j'ai dû y regarder à deux reprises pour m'assurer de ce que je venais de voir, me demandant si je suis bel et bien dans une ambassade. En fin de compte, il m'a fallu environ huit semaines pour obtenir le visa.

Une fois installé dans l'avion ayant pour destination Luanda, j'ai remarqué que ce dernier était occupé principalement par les employés du secteur pétrolier. L'un d'eux m'avait demandé si j'étais "Onshore ou offshore". Ma réaction montrait clairement que je ne voyais pas ce qu'il voulait dire, il m'a donc expliqué que ce sont des termes spécifiques à l'exploration des mines de pétrole, "Offshore" voulant dire l'exploitation au large, alors que "Onshore" signifie que l'exploitation est entreprise sur la terre ferme. Je lui ai avoué que ma visite à l'Angola n'avait pas d'autres raisons que le tourisme. Il s'est alors exclamé en riant: "Non sérieusement, pourquoi tu pars à l'Angola?". Pour lui, un cas pareil était si rare qu'à notre arrivée, il m'a passé son e-mail, me priant de le tenir au courant des évènements de mon voyage.

 

Lubango

Lubango est une ville dans le sud du pays, à 1800 mètres de latitude. C'était mon premier arrêt à l'Angola. Le logement que j'ai réussi à trouver se situait dans les périphéries de la ville, et alors que je montais vers un lieu plus élevé pour jeter un coup d'œil sur toute la ville, j'ai rencontré deux femmes qui se sont exclamées, étonnées de voir un touriste dans un lieu où les touristes se font très rares.
Elles m'invitèrent à les rejoindre pour dîner, mais juste avant, je les ai aidées dans la limite de mes compétences non-existente de plomberie, avec leur maison qui était en construction. Pendant le dîner, un de leurs amis a eu la gentillesse de me proposer de me faire visiter les recoins de la ville le lendemain, durant son temps libre.


 

The Mumuilas

Les Mumuilas est un groupe d'indigènes qui ont réussi à préserver leur culture en restant à l'écart de toute modernité. Lors de ma visite au village, j'ai apporté avec moi deux grands sacs de farine et de riz en guise de cadeaux. Le chef de la tribu m'a demandé d'aller les échanger contre plusieurs boites d'alcool.
Le chef de tribu, appelé le soba, avait quatre épouses. Quand il m'a emmené à l'intérieur de sa maison, il avait un poster d'une fille blonde. Lorsque j'ai pointé le poster du doigt, il m'a donné un grand sourire.
Les Mwilas vivent d'agriculture et d'élevage de bétail. Ils s'interdisent de prononcer les noms des gens en public. Les femmes couvrent leurs cheveux d'une couche de pâte rougeâtre préparée à partir de la poudre d'une pierre rouge, et portent au cou continuellement des colliers dont les couleurs diffèrent selon le statut marital de chacune. Les hommes, quant à eux, se limitent à un pagne et une dague. Les Mwilas croient que les âmes de leurs ancêtres sont à l'origine de toutes les bonnes ou mauvaises choses qui leurs arrivent. Pour cette raison, on les voit leur sacrifier des animaux ou demander à leurs prêtres de les invoquer en leur faveur en effectuant des danses frénétiques.


 

Tunda Vala

Cette gorge volcanique vue d'en haut est d'une beauté époustouflante. En bas, se trouvait un groupe d'Angolais réunis dans une fête au bord de la rivière. Ils ont même apporté avec eux un DJ et des hauts parleurs. Les bouteilles de boissons ont été fixées dans le lit de la rivière, ainsi l'eau froide conservait leur fraicheur. Ils m'ont tout de suite invité à les rejoindre, mais vu mon non-existant portugais, il m'était très difficile de soutenir la conversation avec eux.


 

The Mucubal

La tribu des Mucubal entretient un mode de vie qui ressemble à celui des nomades, ayant pour unique occupation l'élevage de bétail et l'agriculture. Ils s'interdisent de consommer du poisson, et ceci prend cause dans une légende qui raconte qu'un de leurs chefs fut capturé par les portugais et emporté en bateau. Ils ne le revirent plus jamais, et en conclurent que les poissons sont des mangeurs d'hommes.
Les femmes de cette tribu sont très connues par des cordes qu'elles portent en guise de soutien-gorge. Les couples mariés ne sont pas autorisés à se parler en public si la femme n'a pas eu d'enfants. L'homme peut avoir plusieurs épouses et peut même en vendre une s'il ne s'entend plus avec elle ou même pour la simple envie de s'enrichir. Chez eux, une femme vaut deux vaches, mais lorsqu'il s'agit de son premier mariage, elle en vaut de 3 jusqu'à 4. Le bétail est le symbole de la richesse dans cette tribu. Un Mucubal est jugé riche ou pauvre selon le nombre de têtes de bétail qu'il a en sa possession.
Ils m'ont offert d'essayer un produit pour cheveux qu'ils ont préparé à partir de terre, de bouse de vaches et d'autres herbes. Je ne pense pas que mes cheveux sont devenus plus doux après son utilisation mais je suis sûr que la puanteur m'a accompagné tout au long de la journée.


 

Namibe

Namibe est une petite ville côtière. Pour m'y rendre, j'entendais au début prendre le bus de Lubango, mais devant l'arrêt, j'ai sauté dans une 4x4 dont le conducteur avait la même destination et cherchait 3 passagers pour se faire un peu d'argent. J'ai compris plus tard que c'est un général dans l'armée. Arrivés à Namibie, il me proposa que son frère me fasse visiter les entourages, moyennant une contrepartie. Je lui demandai de me fixer le prix mais il insista que ce dernier serait faible et négociable. Ne jamais faire confiance à un général... Après que son frère nous a rejoints, ils m'ont conduit loin dans le désert et ont arrêté la voiture. Ensuite, ils exigèrent 45$ pour leur tour touristique, un prix très exagéré. Mais vu que la situation n'était guère encourageante surtout que nous nous trouvions en plein désert, je n'ai pas vraiment beaucoup de choix.
Par la suite, ils me montrèrent une plante, Welwitschia mirabilis, qui poussent uniquement dans le désert de l'Angola. Elle a un nom aussi compliqué parce qu'elle fut découverte par un botaniste Autrichien, du nom de Friedrich Welwitsch. Apparemment, il fut tellement captivé par sa découverte qu'il s'allongea près d'elle et la contemplait pendant des heures. Le noyau de la plante servait de nourriture dans les temps anciens. Il parait que c'est très bon, que ça soit cru ou cuit sur les cendres brulantes. Après, nous retournâmes à Namibe, pour explorer la petite ville et sa plage avec plusieurs épaves de navire, naufragés et ravagés par la rouille.


 

J'ai pris le bus de Namibie en direction de Lubango. Le conducteur s'est trompé et m'a déposé dans le mauvais arrêt. Il était tard dans la nuit et il faisait très noir dans la plupart des rues. J'ai passé alors plus d'une heure à tourner en ronds, demandant partout, espérant retrouver mon chemin. Mais à chaque fois, on ne faisait que me brouiller (personne ne parlait Anglais). J'ai même été suivi par l'un d'eux. Enfin, j'ai trouvé le bon chemin, mais pour y arriver il me fallait traverser un endroit obscure et couvert d'arbres. J'ai sorti mon telephone portable et me suis fait guidé par la faible lueur de son écran. La dernière épreuve fut que je traverse un grand canal d'eaux usées, la pluie torrentielle ayant fait remonter les eaux d'égout à la surface. Sans pouvoir me retourner, j'ai croisé ce champ de puanteur en essayant des me souvenir de mes mémoires les plus heureuses.

 

Luanda

J'ai pris un vol interne vers Luanda, avec Angola Airlines. Curieusement, ils ont aligné tous les bagages, déjà enregistrés, devant l'avion avant l'embarquement et nous ont demandé que chacun leur désigne le sien, sinon il ne sera pas embarqué dans l'avion. Une fois arrivé au contrôle des passeports, l'agent de sécurité a levé son doigt dans le vide et a dessiné un grand 5, un geste pour montrer qu'il voulait de l'argent. Je me suis dit que 5 kwanzas est un très petit montant à demander ($0.04). Lorsque je lui ai tendit le billet, il me ria au nez et ajouta qu'il voulait dire 5000 Kwanzas (~$40). Je m'accrochais au mot "estudiante, estudiante" (c.-à-d. étudiant) comme à une bouée de sauvetage. Finalement, il me laissa tranquille.

Pendant le vol, j'ai fait la connaissance d'un avocat et puisque je ne savais pas où m'installer pour la nuit, il Il a demandé à son chauffeur, une fois arrivés, de me conduire chez l'un de ses amis, Helder. Le lendemain, nous visitions Luanda et ses banlieues où les empreintes de la guerre civile sont encore visibles: Les épaves de navire en rouille etles mines non explosées. Conformément à ce que disent les rumeurs, Luanda est une ville où la vie est très couteuse. J'ai payé $13 pour un simple sandwich de thon, je l'ai mangé très lentement.


 

Je vis aussi des tonnes de pétroliers stationnés au large des côtes. Pour un pays si riche en pétrole, la pauvreté était endémique et très répandue. Helder a expliqué "les milliards de dollars du pétrole vont directement dans les poches des politiciens corrompus alors que le reste du pays est affamé. La pauvreté est complètement ignorée. Les ministres du gouvernement obsédé du pétrole ont abandonné le reste de la population pour gonfler leurs comptes bancaires en Suisse."
L'ironie dans tout cela est que les hommes politiques n'ont même pas pris la peine d'épargner un peu d'argent pour construire une raffinerie, ce qui veux dire qu'aujourd'hui l'Angola exporte du pétrole brut, pour le réimporter plus tard, à un coût supplémentaire.

Pour les Angolais cependant, il y a des nuages noirs à l'horizon. Le président actuel, Eduardo Dos Santos, est vieux et souffre d'un cancer de la prostate. Il y'a beaucoup de spéculations sur qui pourrai le succéder, ce qui rend certains haut membres du cabinet nerveux à propos de leurs rôles dans l'avenir. Un grand nombre des gens que j'ai rencontré ont peur qu'une fois que l'évasif président meurt, les vieilles rivalités refassent surface et déclenche une chasse de pouvoir qui signifierai encore une autre guerre civile. Pour l'instant, la période de la régénération continue.

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